Ouarda Ferlicot
Psychothérapie et psychanalyse à Nanterre
 
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La pathologisation du deuil prolongé

21 Mar 2022 Ouarda Ferlicot

Comment distinguer le deuil normal et le deuil pathologique ?

personne triste

Un article du Monde du 20 mars 2022 intitulé « Le deuil prolongé une nouvelle pathologie contestée » soulève le difficile problème du DSM (Manuel Diagnostic et Statistique des troubles mentaux) dont la nouvelle version paraît prochainement.

L’article fait ainsi état d’un nouveau symptôme intitulé « trouble du deuil prolongé ». Qu’est-ce qu’un deuil prolongé ? Comment le définir ? Peut-on vraiment considérer qu’après un an le deuil est pathologique comme le propose la classification du DSM ? Comment distinguer le deuil normal du deuil pathologique ? Ceux sont ces questions que soulève l’article.

En inscrivant, le deuil prolongé après la perte d’un être cher, c’est prendre le risque croissant de médicaliser et de pathologiser une réaction normale devant une perte. Si deux personnes ne se remettent pas en même temps d’un deuil d’un être cher, cela ne signifie pas pour autant que l’une est entrée dans un deuil pathologique. La singularité et la subjectivité de chacun entrent en ligne de compte.

Plus largement, l’entrée dans le vocabulaire psychiatrique de processus normaux au sein du DSM creuse le paradoxe croissant entre d’un côté une psychatrie française qui se meurt faute de moyens et de psychiatres et l’augmentation croissante de la psychiatrisation de la société de l’enfance à l’âge adulte.

Comme le rappelle, Patrick Landman « La structure psychique des gens n’a pas changé parce que les circonstances sociales changent. Le deuil fait partie de la condition humaine. »

Laisser croire qu’un processus de deuil peut nécessairement être pathologique c’est ouvrir la porte à une médicalisation constante des êtres et de leur existence. Cela ne vient-il pas nourrir l’idée que la perte peut être annulée, remplacée ou comblée ?

Or, une perte ne se remplace pas, ni ne se comble, par contre l’être peut apprendre à faire avec et à ne plus en souffrir. Pour cela, il s’adresse à un psychothérapeute ou un psychanalyste afin de parler de sa souffrance et cela n’implique pas la prise d’un médicament.

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