L’augmentation des tentatives de suicide chez les adolescents

L’explosion du mal-être adolescent

Illustration de l'article des séances de psychothérapie pour soigner l'angoisse et l'anxiété des adolescents

Des séances de psychothérapie pour soigner l’angoisse et l’anxiété chez les adolescents.

Depuis l’épidémie de la COVID-19, le mal-être chez les adolescents explose. Les services de soins pédopsychiatriques sont saturés et obtenir dans un délai court une aide pour un adolescent en détresse devient difficile voire parfois impossible. Les places en hospitalisations étant limitées, les adolescents peuvent être orientés vers une prise en charge en ville.

Plus les délais de prise en charge sont rallongés, plus la santé mentale des adolescents se dégrade avec le risque d’une chronicisation des difficultés : risque suicidaire, syndrome dépressif, isolement, troubles du comportement, conduites à risque et addictives

L’article du 16 avril 2026 dans le quotidien Le Monde, intitulé « Santé mentale des préadolescents : aux urgences de l’hôpital Robert-Debré, “parler de son envie de mourir, ça peut faire très peur, mais les mots ne rendent pas malade” »[1], rend compte d’une « hausse de 118 % sur cinq ans des hospitalisations pour tentative de suicide des filles de 10 à 14 ans »[2] et précise notamment que « les hospitalisations pour tentatives de suicide ou automutilations les concernant ont augmenté « massivement » en 2024, selon les données publiques, avec une hausse de 22 % chez les jeunes filles de 10 à 14 ans, et de 14 % entre 15 et 19 ans »[3].

Certes, il est souligné dans l’article que la souffrance des jeunes est mieux reconnue et entendue ce qui amène les parents à mieux repérer les symptômes inquiétants chez leur enfant. Cependant, l’absence de prise en charge rapide pour des jeunes en devenir doit non seulement nous alerter puisqu’elle constitue une situation de risque majeur d’isolement, de décrochage scolaire et de rupture avec le monde. En effet, l'entrée dans la schizophrénie se déclare à la puberté. 

L’anxiété, l’angoisse peuvent majorer les conduites auto-apaisantes comme l’automutilation ou les conduites addictives.

Pourtant, le plus souvent, des séances de psychothérapie peuvent être d’une aide précieuse pour prévenir les passages à l’acte suicidaire en apaisant l’angoisse et l’anxiété qui font souffrir. La réponse médicamenteuse ne devrait pas être de première intention. Il est possible de prévenir d'une hospitalisation et éviter une médication avec une prise en charge psychothérapeutique dès les premiers signes de souffrance psychique

Offrir un espace de parole à un jeune en souffrance, c’est lui offrir la possibilité de traverser la tourmente dans laquelle il se trouve, à son rythme et en toute confidentialité. Il peut ainsi mettre au travail la colère, l’agressivité mais aussi la tristesse qui peut l’habiter du fait de difficultés avec les autres, avec sa famille, ou bien avec lui-même.

 


[1] Battaglia, M. « Santé mentale des préadolescents : aux urgences de l’hôpital Robert-Debré, “parler de son envie de mourir, ça peut faire très peur, mais les mots ne rendent pas malade”», Le Monde, le 16 avril 2026, consulté le 30 mai 2026, https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/16/idees-et-tentatives-de-suicide-chez-les-preadolescents-a-l-hopital-robert-debre-parler-de-son-envie-de-mourir-ca-peut-faire-tres-peur-mais-les-mots-ne-rendent-pas-malade_6680464_3224.html

[2] Ibid.

[3] Ibid.

 

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