Souffrance au travail et crise de sens : commencer une psychothérapie pour retrouver son chemin

Soigner sa relation avec le travail par un travail psychanalytique près de La Garenne-Colombes

Illustration de l'article soigner la souffrance au travail

Sortir de la souffrance au travail est possible

À compter du 1er septembre, les arrêts maladie seront soumis à un plafonnement. Cette décision du gouvernement vise à endiguer l’augmentation de 10 % du nombre d’arrêts maladie depuis 2019. Un autre chiffre éloquent est celui des dépenses d’indemnités journalières versées par l’assurance maladie, qui s’élèvent à 17,9 milliards d’euros, soit 7 milliards de plus qu’en 2016[1]. Il s’agit d’une dépense qui pèse sur le système de santé.

Dans ma consultation, je reçois régulièrement des personnes en arrêt de travail pour cause de souffrance au travail, de burn-out ou d’épuisement professionnel.

La souffrance au travail est multiple : une orientation professionnelle qui ne correspond plus aux attentes, une absence d’évolution sur le poste, une surcharge importante de travail du fait de collègues non remplacés, une crise de sens qui impacte la motivation et le désir de continuer à travailler, des conditions de travail lamentables qui mettent le personnel à rude épreuve.

Il faut ajouter la relation affective qu’un salarié entretient avec son travail. Le travail est valorisant narcissiquement et, à ce titre, peut-être un peu très investi. Un manager toxique ou une relation conflictuelle peut affecter cet investissement et cette relation au travail ; le salarié, par agressivité, peut aussi utiliser l’arrêt maladie pour laisser tomber ses collègues et sa hiérarchie.

Ces manœuvres existent et elles sont ignorées de celui qui souffre, car le plus souvent elles restent sur le plan inconscient, alors même qu’elles sont agies sur le plan social puisqu’elles portent à conséquence.

Si un arrêt peut être nécessaire dans une période, il n’est pas bon qu’une personne reste chez elle. Au-delà de la réalité effective d’une situation problématique au travail, il convient de ne pas maintenir une personne en situation d’inactivité ou lui laisser penser que l’arrêt maladie est une solution pérenne. L’inactivité n’est pas bonne pour les êtres en souffrance car elle les enferme dans un engrenage où il n’y a nul projet en construction, nulle perspective.

Je vois régulièrement des personnes qui sont arrêtées, et qui ne font plus rien de leur journée et s’enfoncent dans leurs angoisses et leurs ruminations mentales. Il s’agit d’un cercle vicieux : plus la personne retarde son retour au travail, plus elle s’éloigne de la réalité de la vie active.

Pour cette raison, lorsqu’une personne est en arrêt maladie et qu’elle commence une psychothérapie, le projet reste celui de la reprise. Les séances permettent, dans un premier temps, d’apaiser les angoisses et la pression psychique, et dans un second temps, d’envisager la reprise du travail. Si un travail ne convient pas, il est alors possible d’en envisager un autre sans se mettre dans une difficulté : celle de la rupture avec le travail.

Dans d’autres situations de stress au travail ou d’épuisement professionnel, c’est la crise de sens qui affecte la relation au travail. Cette crise de sens apparaît lorsque les aspirations ne correspondent plus aux attentes de l’entreprise, lorsque les tâches ou le travail effectué ne font plus sens ou paraissent inutiles, ou encore lorsque les valeurs de l’entreprise entrent en conflit avec les valeurs éthiques personnelles. Tout cela concourt à créer un sentiment de mal-être au travail, une perte d’élan et un sentiment de lassitude.

Dans une cure psychanalytique, le conflit né au travail pourra être mis en corrélation avec d’autres conflits, notamment familiaux, en général des conflits nés dans l’enfance qui ne sont pas résolus et qui étaient restés inconscients jusqu’alors. Ainsi, ne pas se sentir à sa place ou non reconnu dans son travail peut être le reflet de ne pas s’être senti reconnu dans sa famille, de ne pas avoir eu voix au chapitre avec les frères ou sœurs.

Le fait de commencer une psychothérapie ou une psychanalyse est une façon de se mettre au travail psychiquement et de veiller à ce que cette souffrance ne s’installe pas. Le travail psychanalytique peut devenir un espace de remise au travail au travers des questionnements que la souffrance impose : qu’est-ce qui fait souffrance ? Qu’est-ce que je n’accepte plus ? Comment mettre en œuvre une solution qui convienne à mes aspirations ? Comment me fixer des limites dans mon travail et me respecter ?

La cure ouvre alors un espace possible de remaniements psychiques et de changements, rendant possible la construction d’une solution viable pour une reprise du travail sereine et apaisée.

 

 


[1] Info.gouv.fr. « Arrêt de travail : ce que prévoit la stratégie du Gouvernement », le 10 avril 2026, consulté le 10 juillet 2026, https://www.info.gouv.fr/actualite/arrets-de-travail-ce-que-prevoit-la-strategie-du-gouvernement

 

 


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