Quand les douleurs gynécologiques engendrent de la souffrance psychique
Le traitement psychique des souffrances gynécologiques
Pendant des décennies, les douleurs gynécologiques ont été minimisées, banalisées, voire niées. « C'est normal d'avoir mal », « c'est dans votre tête », « apprenez à vivre avec », « il n’y a rien ». Pourtant, la douleur est bien réelle, et aujourd’hui, de plus en plus, la médecine la considère autrement et en recherche davantage les causes pour ne pas passer à côté d’une endométriose ou d’une infection profonde de l’appareil génital.
Des douleurs réelles, mais souvent sous-diagnostiquées
Les douleurs gynécologiques regroupent un large spectre de pathologies : l'endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques, la vulvodynie, le vaginisme, les douleurs pelviennes chroniques, les dysménorrhées sévères ou encore les douleurs liées à l'adénomyose. Ces affections touchent des millions de femmes à travers le monde, et pourtant leur diagnostic reste souvent tardif — en moyenne sept à dix ans pour l'endométriose seule.
Cette errance diagnostique n'est pas anodine. Elle s'accompagne d'un sentiment profond de ne pas être crue, d'être incomprise, parfois même de douter de sa propre perception de la douleur.
Certaines femmes finissent par vivre avec la douleur et ses conséquences : ne pas pouvoir aller travailler pendant certaines périodes du cycle, restreindre sa vie sociale et affective, baisse de moral. Ainsi, aux symptômes corporels ou organiques vient se greffer une souffrance psychique qu’il convient de traiter avec l’aide d’un psychothérapeute ou d’un psychanalyste.
La prise en charge psychique de la douleur chronique
La douleur chronique gynécologique s’accompagne toujours d’une souffrance psychique. La douleur focalise toute l’attention, concentre toute son énergie sur celle-ci ce qui appauvrit l’investissement des autres sphères de la vie quotidienne : travail, vie affective et sexuelle, vie sociale. Ces douleurs altèrent la vie quotidienne et l’estime de soi. C’est pourquoi les troubles de l’humeur avec sentiments dépressifs et anxiété sont régulièrement associés à la douleur.
Les douleurs gynécologiques touchent à l'intime de manière profonde. Les rapports sexuels se voient impacter parce qu’ils deviennent douloureux, voire impossibles, ce qui ébranle la relation de couple. Si le désir peut être présent, la peur d’avoir mal créé une spirale négative.
La honte, la culpabilité, la peur de décevoir, le sentiment d'être « défaillante » s'installent insidieusement. Les relations de couple peuvent être mises à rude épreuve, renforçant l'isolement et la détresse.
Le fait de commencer une psychothérapie pour parler de ces affects dépressifs mais, aussi de cette anxiété peut en atténuer les symptômes et participer à une meilleure qualité de vie.
Commencer une psychothérapie en cas de souffrance gynécologique
Si l’approche médicale apporte une aide, les blocages d’ordre psychique se dénouent par la parole. En effet, les symptômes peuvent aussi refléter une souffrance psychique qui ne doit être négligée pour apaiser durablement les symptômes. Une psychothérapie offre la possibilité de mieux comprendre les symptômes gynécologiques et la douleur qui y est associée pour en diminuer les effets.
Par exemple, des patientes qui souffrent de vaginisme, suivi en rééducation périnéale, constate les effets de leur psychothérapie qui les aide à surmonter les blocages d’ordre psychique : en parlant elle s’ouvre et leur vagin peut s’ouvrir davantage, être plus souple et la peur de la pénétration diminue. Séance après séance, les appréhensions, les craintes peuvent être parlées pour rendre possible une vie sexuelle épanouie.


