Ouarda Ferlicot
Psychothérapie et psychanalyse à Nanterre
 
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Pourquoi les séances chez un psychanalyste ne sont pas facturables ?

15 Sep 2022 Ouarda Ferlicot Psychanalyse

Le non-remboursement des séances chez le psychanalyste

Ouarda Ferlicot
À Nanterre, le 15 septembre 2022

singe qui n'entend rien qui est aveugle

Avec le remboursement des mutuelles d’au moins 4 séances par an selon les mutuelles et la mise en place du dispositif « MonPsy » qui propose le remboursement de 8 séances par an chez le psychologue sur prescription du médecin traitant, de plus en plus de patients demandent une facture afin d’être remboursés.

Chez le psychanalyste, les séances ne sont ni facturables ni remboursables. Par le paiement de ses séances, l’être s’engage dans son traitement et dans sa vie, c’est un acte clinique à visée thérapeutique en lui-même. C’est pourquoi le psychanalyste ne donne pas de facture, ni d’attestation. Ce qu’il offre c’est son rien.

D’abord parce que la souffrance d’un être vient dire quelque chose qui reste à dévoiler du désir inconscient qui est ignoré de lui. Puis, c’est en ne répondant pas à cette demande que le psychanalyste aide son patient à révéler ce qu’elle cache et ce que cette demande a de trompeuse puisqu’elle voile le désir. Or, le psychanalyste conduit la cure de manière à permettre à l’être d’apprendre sur le désir qui se dévoile en séance. Ce désir n’est autre que le désir inconscient à l’origine des symptômes qui font souffrir.

Ce n’est qu’à partir de ce rien qu’une construction d’une autre voie, autre que celle qui fait souffrance, pourra advenir.

Donner une facture au patient, c’est participer à l’illusion que pour aller mieux, pour se soigner, il n’a rien à perdre, et rien à régler, par lui-même. C’est justement parce qu’il refuse de perdre, de sa haine, de son ignorance ou de son amour débordant, qu’il souffre et entretient des symptômes qui le font souffrir.

L’idée d’un remboursement des séances suppose de facturer un désir, une parole, soit un acte thérapeutique qui n’est pas facturable puisqu’une souffrance psychique ne peut se quantifier, ni se mesurer ni même se comparer. Il n’y a rien de plus subjectif qu’une souffrance humaine.

De plus, ce remboursement engage une institution qui va prendre en charge une partie des séances et par conséquent empêche le patient d’être responsable de son traitement psychique et d’assumer la part de responsabilité qu’il a dans ce qui lui arrive.

Sans ce paiement symbolique, le Moi[1] de l’être en souffrance continue d’être désengagé de ce qu’il lui arrive, tout comme il se désengage de son traitement psychique.

Par contre, il est capable de mettre en œuvre toute une stratégie pour ne rien savoir sur le désir qui l’anime, à savoir, utiliser les moyens de l’État, la Direction de la Consommation et de la Répression des Fraudes, le Conciliateur de justice pour faire valoir son droit à obtenir une facture, puisque selon lui et sa lecture de la loi c’est son droit. Si cela est son droit mais quel est son devoir alors, envers lui-même ? Demander un traitement psychique sans s’y engager pour de vrai, de quelle logique cela participe-t-il ?

Au contraire de s’approcher de ce qui a été mis en évidence sur sa souffrance lors des séances et d’accepter de payer symboliquement pour en sortir, l’argent ici est utilisé pour envoyer des recommandés, utilisé pour prendre le temps des personnes qui travaillent dans ces institutions mais aussi celui du clinicien qui a assuré la cure et par conséquent l’argent du contribuable, car ce sont bien les contribuables qui paient pour que des institutions comme celles citées plus haut puissent servir à protéger les consommateurs et leurs droits. Autrement dit, ici, au lieu d’un désir de sortir de la souffrance, désir qui suppose la perte, il s’agit bien au contraire d’utiliser les moyens à sa disposition pour nourrir la plainte et la haine.

Il est nécessaire de rappeler que la santé psychique n’est pas un bien de consommation.

Lorsque l’on rencontre un psychanalyste, c’est pour être dépouillé de cet imaginaire gonflé qui oblige le Moi à regarder ailleurs que dans sa propre demeure ce qui s’y déroule, à savoir le feu de la haine qui brûle au sein de celle-ci et qui est en train de détruire sa propre maison. Mais de cela, le Moi de l’être ne veut rien savoir. Il utilise sa propre haine de soi en cherchant à nuire et à détruire l’autre par lâcheté et par vengeance.

Tout cela constitue le quotidien de la clinique, de la clinique psychanalytique bien entendu.

 


[1] Le Moi est une instance imaginaire et par conséquent aliéné par structure.


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