La quête identitaire à la puberté à La Garenne-Colombes

Illustration de l'article la quête identitaire à la puberté

Les remaniements identitaires à la puberté 

La période pubertaire est une période de remaniement et de construction identitaire

La puberté constitue l'un des moments les plus bouleversants de l'existence humaine. Il s’agit d’une période de passage de l’enfance vers l’âge adulte. Au-delà des transformations corporelles visibles, elle inaugure une crise psychique profonde : celle de la construction de l'identité. Le pubère sait ce qu’il quitte, un certain cocon familial où il écoutait ses parents, mais il ne sait pas toujours vers quoi il va, ni vers quoi il tend.

Françoise Dolto compare l’adolescent au homard : « Les homards, quand ils changent de carapace, perdent d’abord l’ancienne et restent sans défense, le temps d’en fabriquer une nouvelle. Pendant ce temps-là, ils sont très en danger. Pour les adolescents, c’est un peu la même chose. »[1] Ce qui menace l’adolescent, c’est autant ces relations avec son environnement, que ces désirs propres, ses aspirations, ses pulsions, ses émotions, ses questions, ses incompréhensions. Il est tout autant dans un élan de vie avec de nouveaux désirs d’exploration tout comme il rencontre l’impossibilité d’assouvir certains désirs.

La période pubertaire : un passage entre l’enfance et l’adolescence

Après une période de latence, une période d’apaisement des pulsions, vient la période pubertaire et une recrudescence de la période infantile refoulée. Le pubère arrive dans une période où il est nécessaire qu’il quitte l’enfance pour se tourner vers un devenir. Mais il ne peut le faire qu’en regardant vers son passé : ce qu’il était et ce qu’il devient. Ce temps de transformation à la fois physiologique, corporel et psychique, nécessite des remaniements profonds, qui ne vont pas sans questionnements : « Qui suis-je ? ». « Que vais-je devenir ? ». « Que signifient ses transformations corporelles ? »

Ces questions, universelles et intimes à la fois, traversent chaque adolescent avec une intensité singulière.

Dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Freud évoque la puberté comme période de réactivation de la pulsion sexuelle qui aboutit à la sexualité génitale. La pulsion n’est plus tournée uniquement vers soi mais se tourner vers l’extérieur. Freud nous indique également que c’est dans cette période que la différence tranchée entre masculin et féminin s’effectue.

L'adolescent est alors confronté à une résurgence pulsionnelle qu'il ne maîtrise pas, un « retour du refoulé » qui fragilise les assises narcissiques construites durant l'enfance. Le Moi se retrouve débordé, assiégé de l'intérieur. Ce vécu de transformation peut susciter de l’angoisse et de l’anxiété, et même une forme de retour à un état infantile sous forme de repli sur soi, d’enfermement et de refus d’aller à dans le monde. Dans certains cas graves, le pubère peut rester aliter, refuser d’aller à l’école, s’enfermer dans sa chambre et ne plus se laver comme le nourrisson, il retrouve un état de dépendance à autrui.

La période pubertaire est également la rencontre avec l’Autre sexe. Parfois, cet Autre, au contraire de susciter une attirance, une curiosité, est rejeté et non accueilli. Il reste alors une énigme. Cela se traduit par des difficultés identitaires : ne pas accueillir l’autre en soi, c’est ne pas s’accueillir soi-même, dans ce que l’on est. Cette altérité intime explique le sentiment de dépersonnalisation si fréquent à l'adolescence, cette sensation d'être spectateur de soi-même, mais aussi les certaines difficultés à se sentir bien dans son sexe. Les difficultés liées avec le genre, l’idée de vouloir être d’un autre sexe, trouve leur source dans un mal-être profond avec soi-même qui peut se traverser par un travail de psychothérapie et de psychanalyse.

Aussi, il est fréquent que pour faire face à ses remaniements et à cette perte de repères, le pubère peut chercher à se comparer avec l’autre pour chercher à savoir comment se situer dans le regard des autres. Il peut être amené à imiter autrui y compris sur le versant négatif : première cigarette, première prise de drogue, envie de maigrir et de rester mince. Ces comportements peuvent être le début des premières addictions et des troubles du comportement alimentaire.

Se séparer pour grandir 

La quête identitaire à la puberté n'est pas pathologique en soi puisque qu’elle est un processus qui permet de grandir et d’aller vers le devenir adulte. Mais lorsque les assises narcissiques sont bousculées et font vaciller les repères identitaires au point de faire souffrir le pubère ou l’amène à adopter des comportements dangereux pour lui-même ou pour autrui, rencontrer un psychothérapeute ou un psychanalyste peut l’aider à traverser cette période d’instabilité.

Entre processus de séparation, de recherche d’autonomie et un besoin de réassurance et de dépendance, le pubère traverse une période de transformation corporelle qui s’accompagne de questions identitaires fondamentales nécessaires pour qu’il devienne un adulte responsable et autonome.

[1] Dolto, F. Paroles pour adolescents ou le complexe du homard, Paris, Hatier, 1989, p. 16.


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