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Retour sur le XXXème colloque du RPH-Ecole de psychanalyse, "Les masques de la haine"



Retour sur le XXXème colloque du RPH-Ecole de psychanalyse, "Les masques de la haine"

Compte-rendu du colloque "Les masques de la haine du 9 avril 2016 par Ouarda Ferlicot à Nanterre.


Ce XXXème colloque du RPH intitulé Les masques de la haine a été l’occasion de voir comment la haine pouvait s’inviter aux portes de notre colloque le 9 avril 2016.

Voici quelques exemples de la haine, humaine et enfoui en chacun de nous que la psychanalyse parvient parfois à civiliser et à apaiser.

Les interventions se sont succédées tout au long de cette journée toujours avec cette perspective d’allier théorie et clinique.

Julien Faugeras et Jean-Baptiste Legouis en ont montré les effets.


Julien Faugeras
a développé comment la haine venait contaminer différents champs comme la médecine, la politique et la psychanalyse elle-même. Le DSM est un exemple où l’on voit disparaître la haine de sa nomenclature, la névrose obsessionnelle. Celle-ci fut découverte par S. Freud et indiscutablement constitue le témoignage de cette haine qui se voile, s’insinue, s’infiltre dans la vie psychique de l’obsessionnel en s’organisant en un système rigide de pensée établi pour masquer cette haine.

 

Jean-Baptiste Legouis revient sur les problèmes de traduction des œuvres complètes de Freud en indiquant comment "union" est devenu "mixtion", "désunion", "démixtion". Cette nouvelle traduction rend plus incompréhensible le texte initial et illustre la citation italienne « traduire c’est trahir ».  

 

Il est également revenu sur l’hypothèse de Freud de la pulsion de mort en 1920 et sur la question de la transposition de l’amour en haine en 1923 indiquant la difficulté de Freud à rendre compte d’un phénomène toujours en mouvement car si la pulsion de mort reste muette et silencieuse, le bruit qu’elle fait provient lui de l’Eros, la pulsion de vie qui s’allie à la pulsion de mort. Jean-Baptiste Legouis illustrera sa clinique autour des paroles d’une psychanalysante qui indique que derrière la gentillesse envers son compagnon se cache toute la haine qu’elle ressent vis-à-vis de lui.

 

Fairouz Nemraoui insistera sur la haine comme faisant barrage au savoir « Je ne veux pas savoir », se traduisant ainsi dans la clinique qu’elle nous présente par l’infernale répétition : addiction, auto-mutilation, compagnon destructeur. Ce syndrome de répétition oblige la personne à se mettre dans des situations difficiles. Le paradoxe est que cette haine qui maintient l’être dans la souffrance, maintient également son sentiment d’existence.

 

Dans l’après-midi Laure Baudiment, Diane Sourrouille et Mathieu Julian se sont succédé à leur tour.

 

Laure Baudiment en grande inspiration nous a proposé un schéma récapitulant des années et des années de l’enseignement de Lacan permettant d’articuler ainsi les trois arrêtes passionnelles de la haine, l’amour et l’ignorance avec les trois registres réel, imaginaire et symbolique. Nous sommes tous en attente de la publication de la revue pour pouvoir étudier ce schéma complexe qu’elle nous a proposé.

 

Puis, Diane Sourrouille s’est attardée sur le lien entre pulsion de mort et surmoi en y dégageant par la suite la résistance du surmoi à l’origine de la haine chez l’être qui se châtie sans cesse sous couvert d’une culpabilité inconsciente. La psychanalyse sans fin pour le psychanalyste en exercice comme l’a rappelé Diane Sourrouille est un barrage contre les effets de la haine de la résistance du surmoi car celle-ci est naturellement présente chez les psychanalystes depuis que la psychanalyse à vu le jour.

 

Mathieu Julian a essentiellement témoigné de sa clinique. Clinique où il met de sa personne pour permettre à un être reclus à son domicile de pourvoir déployer ses ailes.

 

Une nouvelle fois, n’en déplaise aux petits filous venus exprès pour déverser leur haine, le RPH voit grandir son école par son engagement à former des cliniciens dès leurs études de psychologie.

 

Pour commander la revue et retrouver l'ensemble des interventions ainsi que des articles inédits, rendez-vous sur le site du RPH rubrique Revue de Psychanalyse.



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