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Retour sur le XXIXème colloque du RPH "Symptômes organiques, corporels et psychiques en psychanalyse".



Retour sur le XXIXème colloque du RPH "Symptômes organiques, corporels et psychiques en psychanalyse".

Retour sur le dernier colloque du RPH

 

Ouarda FERLICOT, Nanterre

Le 23 novembre 2015

 

 

Le dernier colloque du RPH s’est intéressé au Symptômes organiques, corporels et psychiques en psychanalyse.

 

 

Ce qu’il y a à retenir c’est l’importance que tient le symptôme dans l’économie psychique puisqu’il sert une satisfaction dont le but est l’abaissement d’une tension interne. Il s’agit alors du bénéfice primaire. Puis, ce symptôme satisfait également d’autres intérêts indirects, que S. Freud nomment les bénéfices secondaires de la maladie.

 

Julie VU TONG a souligné ainsi la jouissance qui se cache derrière tout symptôme et c’est pourquoi la personne qui souffre n’est pas prête à le lâcher si facilement. D’ailleurs, dans la clinique cela se traduit par « j’ai peur de ce que je vais découvrir », « le fait que vous m’ayez dit que j’avançais ça m’a fait peur », « je ne souffre plus de cette situation et ça me fait bizarre ».

 

 

Face à ce constat, la psychanalyse se propose d’être à l’écoute de ce que les patients ou psychanalysants ont à dire sur leurs symptômes afin que se tisse, par l’association libre, une autre relation avec celui-ci, autre que l’asservissement. Car si le symptôme fait souffrir, il rend parfois esclave et empêche l’avancée de l’être parlant dans son existence.

 

 

Comme la rappeler Julien FAUGERAS, « l’être humain souffre d’exister ». S’il souffre d’exister c’est avant tout parce qu’ « il hait son existence », rappelle Fernando DE AMORIM. Et cette haine passionnelle de l’autre et de soi nourrit l’aliénation et vient masquer le désir.

 

C’est ce qu’à développer Marine LALONDE en présentant le symptôme comme étant noué aux trois passions fondamentales telles que définit par J. Lacan, à savoir la haine, l’amour et l’ignorance.

 

Sara BUGUET nous a apporté un éclairage théorique sur le travail possible du psychanalyste avec la maladie organique. Elle a ainsi proposé un cas clinique de spondylarthrite ankylosante où la psychanalysante trouve un apaisement significatif de sa maladie mais aussi dans sa vie quotidienne grâce au soutien qu’apporte sa cure.

 

En effet, l’association libre permet de nouer symboliquement la libido afin qu’elle ne passe plus par l’ouverture de 32’ selon le schéma freudien. Sa clinique a permis d’illustrer ce qu’il en est de la corporéification de l’organisme, terme développé par Fernando de Amorim.

 

 

La psychanalyse avec les personnes qui souffrent de maladie organique est donc tout à fait possible et en cela, la théorie développée et soutenue par le RPH est en désaccord avec les théories psychosomatiques, ce qu’à rappeler Ouarda FERLICOT en développant le cas clinique d’une psychanalysante souffrant de maladie de crohn et qui a obtenu la disparition de ses symptômes organiques et corporels de sa maladie. Dans son intervention, elle a également souligné la difficulté clinique du travail dans la psychose où les symptômes peuvent servir de remède contre un délire.

 

Clinique de la psychose également à l’honneur avec l’intervention de Laure BAUDIMENT autour des nœuds borroméens. Au travers de la lecture des séminaires de J. Lacan, elle a posé une question fondamentale à savoir comment distinguer suppléance, sinthome, quatrième nœud et tombolo ? Question qui trouvera certainement sa réponse dans le manuel de direction clinique que le RPH est en train de mettre en œuvre.

 

Cette journée fut riche et chacun à sa manière a rendu hommage à la clinique freudo-lacanienne. 

 

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