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Psychopathologie de la vie quotidienne (1901)



Psychopathologie de la vie quotidienne (1901)

Psychopathologie de la vie quotidienne (1901), Sigmund Freud.

 

« Comment quelque chose pourrait-il naître de son contraire ? Par exemple la vérité, de l’erreur ? »[1]

 

            Cet ouvrage, écrit en 1901, présente des idées déjà développées dans les lettres à Fliess en 1898, notamment sur l’oubli où l’exemple de l’oubli de peintre Signorelli est analysé par Freud. Il sera également question du souvenir-écran, des lapsus et des actes manqués, en somme, tout ce qui rend compte de la vie psychique et du retour du refoulé. Il n’est pas étonnant que cet ouvrage ait rencontré un franc succès auprès de la population, car loin de s’intéresser uniquement aux manifestations pathologiques, ici il est plutôt question de démontrer l’existence de l’inconscient au travers d’exemples et de témoignages de manifestations que tout un chacun peut rencontrer quotidiennement et dans toutes les langues : « les lois des lapsus sont les mêmes dans toutes les langues. »[2] Il est en effet surprenant de voir la réaction gênée d’une personne qui commet un lapsus en public, alors que celle-ci n’est pas au fait des théories freudiennes. Cette réaction témoigne de la conscience de la vérité que le lapsus fait ressortir. C’est cette vérité que la personne tentait de cacher. 

            Le lecteur peut donc facilement s’identifier et admettre que lui aussi a connu le lapsus, l’oubli ou l’acte manqué et se livrer lui-même à leur analyse. Le procédé utilisé pour cette analyse reste toujours le même que celui utilisé dans l’analyse d’un rêve, il s’agit de l’association libre qui permet de mettre en relation le contenu de l’oubli ou de l’acte manqué avec un élément refoulé. Autrement dit, de trouver le désir inconscient que traduisent ses manifestations.

 

            On retiendra l’exemple tiré de la vie de Freud concernant l’hypothèse de la bisexualité psychique. Freud a en effet oublié que ce n’était pas lui mais Fliess qui avait énoncé cette hypothèse. Dans cette erreur, le désir réprimé trouve donc sa satisfaction tout comme dans le lapsus et l’acte manqué. Il faut noter qu’au départ, Freud ne souhaitait pas entendre parler de cette théorie et rattachera comme explication à l’oubli un sentiment désagréable et pénible : « La tendance à oublier ce qui est désagréable me semble générale… ».[3]

 

Freud conclue sur le déterminisme psychique en opposant ce qui se passe dans la  vie psychique à ce qui se passe dans la superstition. « Le superstitieux projette à l’extérieur une motivation que je cherche à l’intérieur ; en deuxième lieu, il interprète par un événement le hasard que je ramène à une idée. Ce qu’il considère comme caché correspond chez moi à ce qui est inconscient. »[4] Je suis d’accord avec Freud sur le fait qu’il n’existe pas de hasard. Lorsque des personnes se rencontrent amis ou amants, ceux sont deux inconscients qui se rencontrent, il n’y a qu’à voir comment régulièrement le masochiste trouve son sadique, la personnalité perverse son hystérique (elle est facilement manipulable). Je ne tiens pas à faire de généralité mais je pense qu’on a tous connu ou entendu parler de ses exemples. Si nous sommes déterminés par notre inconscient, je crois que c’est l’analyse qui nous fait sortir de se déterminisme et qui nous fait être et  « n’être »,  « naître » le sujet de son propre inconscient.

 

            Enfin, l’analogie des processus de l’acte manqué avec le travail du rêve démontre qu’ils n’ont pas cours qu’à l’état de sommeil mais aussi à l’état de veille, ceci, pas seulement chez les sujets pathologiques mais aussi chez ceux ne présentant aucun trouble : « entre l’état nerveux normal et le fonctionnement nerveux anormal, il n’existe pas de limite nette et tranchée et que nous sommes tous plus ou moins névrosés. »[5]

           

 

 



[1] NIETZSCHE, F.  W.  (1886). Par delà bien et mal. Paris, Flammarion, 2000.

[2] P. 118

[3] P. 165

[4] P. 295

[5] p

 

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