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Le regard de la société sur la schizophrénie



Le regard de la société sur la schizophrénie

La schizophrénie au regard de la société.

Ouarda Ferlicot,
Nanterre, le 07 septembre 2017


Dans un article du journal La Croix du jeudi 7 septembre 2017 intitulé « Maladie psychiques, la violence des stéréotypes » il est fait référence aux propos tenus dans le quotidien La Provence associant en titre « Comment la société les gère - les barjots, les schizos et les autres …».

Si les associations de malades et de familles se sont indignées de ces propos qui viennent niés la souffrance du schizophrène et mettent en lumière l’ignorance sur la réalité de ce que ces êtres vivent au quotidien et surtout de la façon dont certains peuvent vivre en accord avec la société, ils viennent témoigner d’une réalité sociétale qui se déroule à chaque période estivale : des faits divers se multiplient l’été tandis que les services ferment, les psychiatres partent en vacances, sans qu’aucun relais ne soit mis en place laissant les êtres livrés à eux-mêmes.

Continuer à véhiculer que le schizophrène est un fou, comme si la folie des êtres, qu’ils soient schizophrènes ou non, se manifestait 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, comme le rappelle régulièrement Fernando de Amorim, ne tient aucunement compte de la réalité clinique mais nourri une réalité spectacle, telle qu’elle est revisitée dans les films, série et autres médias.

Dans cet article, il est également fait référence à une étude de 2015 sur l’image de la schizophrénie et son traitement médiatique qui établit comme contre-vérité absolue la possibilité du schizophrène d’avoir une part de contrôle puisqu’il s’agit « d’un trouble neuronal sévère, subi, dont la personne atteinte n’a aucune maîtrise. »

Là encore, il s’agit d’un préjugé qui consiste à penser que le schizophrène serait une marionnette qui ne pourrait rien à son sort. Je suis moi-même régulièrement impressionnée de voir les solutions créatives que ces êtres peuvent trouver pour tenir leur existence. Une personne venant me voir présentait un rapport particulier avec l’objet déchet dont elle se nourrissait. Eh bien lui est venue l’idée d’en faire son commerce et de recycler la matière !

La lecture de J. Lacan nous a apporté une autre lecture de la folie, une autre façon de la concevoir et de la traiter, ce qui nous permet aujourd’hui d’accueillir dans nos consultations privées des personnes souffrant de schizophrénie. Et il n’y a pas un patient qui peut être comparé à un autre. Si l’un peut se montrer dangereux, la psychothérapie avec psychanalyste préserve du passage à l’acte, si certains ont besoin d’un traitement médicamenteux allié à leur psychothérapie d’autres n’en ont nullement besoin et utilisent leur psychothérapie comme suppléance.



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