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Le désir et son interprétation de J. Lacan



Le désir et son interprétation de J. Lacan

L’Autre en tant qu’il répond de manière frustrante ou gratifiante à la demande, l’Autre en tant que lieu de la parole, instaure une alternative signifiante dans laquelle va s’articuler le besoin du sujet duquel découle et se structure le rapport du sujet à lui-même. C’est cela le désir. Posant l’Autre comme sujet, le sujet de l’individu a à se faire reconnaitre par lui « non plus comme demande, non plus comme amour, mais comme sujet. [1]»

 

L’Autre dont il s’agit est l’Autre barré en tant que lieu où se situe le manque et par quoi le sujet doit se repérer. Ce manque fondamental se situe au niveau du signifiant. La demande introduit donc une division subjective, une spaltung dans le discours de l’inconscient et introduit le sujet dans un rapport dialectique (ce qui manque fondamentalement dans la psychose et que le travail du psychanalyste consiste à introduire). Lorsque le sujet parle une part de lui-même disparaît, s’évanouit et c’est là que surgit l’objet a, objet du désir qui entre en jeu dans le fantasme. Le sujet trouve support dans cet objet a lorsque qu’il est confronté à la carence du signifiant au niveau de l’Autre[2].

 

Pour Lacan, le fantasme est cet affrontement perpétuel du sujet divisé où le sujet disparaît et ne trouve rien dans l’Autre, aucun signifiant qui ne peut le nommer, le reconnaitre en tant que sujet de l’inconscient et c’est l’objet a qui vient suppléer à ce manque. Il défini ainsi trois espèces d’objet dans le fantasme, trois forme que peut prendre l’objet a dans l’expérience analytique : le a, le ȹ et le d. Le a est l’objet « prégénital » celui de la coupure en tant qu’il peut être oral ou anal et donc séparé des orifices buccaux et annaux. Le ȹ est le phallus et renvoie à la castration et instaure la fonction signifiante par la coupure en tant qu’il marque par sa mutilation. Le d est la troisième forme d’objet qui est le délire. Cette coupure qu’implique le délire exerce une fascination de cet instant où l’être est interrogé dans son inconscient. Lacan termine la leçon du 20 mai 1959 sur la question du désir du sujet qui ne peut se résumer à la réalité du commun en tant qu’il redonne une dimension à l’être. Il pose donc la question de l’interprétation du désir du sujet et sur le chemin qu’elle doit prendre loin de la réalité commune. Il pose ici toute la question brûlante d’actualité sur la clinique du sujet.  



[1] Ibid. p.394

[2] Ibid. p. 400

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