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Diktat de l'ARS : 1er passage à l'acte



Diktat de l'ARS : 1er passage à l'acte

Face au diktat de l'ARS (Agence Régionale de Santé), s'est tenue une réunion le 14 avril dernier à l'EPFCL (Ecole de Psychanalyse des Forums du Champ Lacanien) organisée par le Docteur Drapier, médecin directeur du CMPP d'Orly.

 

Cette réunion fait suite à un courrier qu'il a reçu de l'ARS refusant de prendre en charge la formation intitulée "Le psychanalyste et l'autiste" de deux salariées du CMPP en se basant sur le rapport de la HAS (Haute Autorité de Santé) qui classe la pratique de la psychanalyse comme non consensuelle concernant le traitement de l'autisme.

 

En réponse, le Dr. Drapier a rappelé que la prise en charge de l'enfant souffrant d'un syndrome autistique ne s'effectue pas seulement avec un psychanalyste mais dans le cadre d'une prise en charge globale qui inclut plusieurs soignants du champ médical et paramédical. Cette collaboration fructueuse produit des effets cliniques majeurs que l'ARS ne doit pas ignorer.

 

Le Dr. Drapier mentionne un article, qu'il a remis à la personne de l'ARS à l'origine du courrier, où il est question de l'évolution d'une patiente qui a l'âge de 3 ans ne parlait pas et qui aujourd'hui âgée de 20 ans est dans une école d'ingénieurs.

 

Dans cette optique, le Docteur Fernando de Amorim, Président du RPH (Réseau pour la psychanalyse à l'Hôpital-Ecole de psychanalyse), insiste sur l'importance de proposer des écrits cliniques qui témoignent de la pratique du psychanalyste et des effets que la psychanalyse produit afin que les autorités prennent connaissance de notre travail.

 

Au-delà du fait que ce refus de prise en charge de l'ARS atteint à la liberté de formation des psychologues, c'est toute la pratique de la psychanalyse qui se voit remise en question.

 

Comme l'a rappelé le Dr. Drapier, il n'existe à ce jour aucune étude scientifique capable de répondre à la question de l'origine de l'autisme.
 

Il est donc peu sérieux d'utiliser la psychanalyse comme bouc émissaire face au manque de savoir sur cette pathologie, mais au contraire, elle peut l'être pour aider l'être à faire avec ce manque. 

 

A cette fin, la psychanalyse doit rendre des comptes par le biais de celui qui la sert, le psychanalyste, en témoignant, en se mouillant et en parlant de sa pratique. De cela, le psychanalyste est responsable.

 

 

Ouarda Naït Mouhoub

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