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Conférence "Figures du féminin en Islam", à Nanterre.



Conférence "Figures du féminin en Islam", à Nanterre.

Compte rendu de la Conférence « Figures du féminin en Islam »
Ouarda Naït Mouhoub, à Nanterre.


Le mardi 18 juin 2013 s’est tenue au Centre Octave et Maud Mannoni à Paris une conférence intitulée « Figures du féminin en Islam » de Houria Abdelouahed et animé par Fethi Benslama, Alain Vannier et Marie-Claude Pickman.

Ce qui a fortement retenue mon attention est la question de ces femmes arabes de culture musulmane, qui viennent consulter un psychanalyste.

Houria Abdelouahed, auteure du livre « Figures du féminin en Islam », part de sa clinique, pour nous dire que s’opère un endommagement de la construction fantasmatique par l’effraction d’une réalité matérielle, c’est-à-dire, la jonction entre réalité psychique et réalité du traumatisme où apparaît une difficulté pour ces femmes de distinguer ce qui relève d’une histoire individuelle d’une histoire collective. Pour l’auteure il s’agit d’un point de butée important qui peut entraver le travail dans l’analyse de ces femmes.

Il a été fait référence au Printemps arabe mais aussi, de comment l’actualité peut venir court-circuiter la réalité fantasmatique. Le propre du traumatisme est de faire effraction au psychisme de telle manière à ce que se produise un véritable éclatement des parties du moi. Le traumatisme agit de telle sorte que ce qui était, n’est plus, mais fait perpétuellement retour sous différentes figures symptomatiques.

La psychanalyse par le fil des associations libres permet de lier, tisser et nouer entres elles les parties du moi. Ce travail permet une liquidation du traumatisme afin de laisser place au retour du refoulé et à l’organisation fantasmatique. (Rappelons au passage l’apport considérable de Sigmund Freud dans le traitement psychanalytique des névroses de guerre.) Quelque soit le traumatisme (violence intrafamiliale, conjugale, sexuelle ou incestuelle…), l’objectif d’une analyse est de permettre à chaque individu d’advenir en tant que sujet quelque soit la réalité dans laquelle il est pris. Il s’agit pour le sujet de découvrir comment il advient afin de transcender son existence pour créer une voie nouvelle et par laquelle il pourra exister en tant qu’être vivant dans ce monde.

Le fait même que ces femmes choisissent, lorsque cela est possible, la parole aux armes est déjà une preuve d’une inscription autre par le symbolique.

L’accès à la culture et à la sublimation n’est possible que si les moyens sont donnés à ces femmes de pouvoir prendre place autrement. L’analphabétisme, par exemple concerne deux tiers des femmes arabes. Je rejoins l’auteure lorsqu’elle dit que c’est notre devoir de joindre la psychanalyse à la politique. Ce combat pour la liberté d’expression, concerne toutes les femmes mais aussi les hommes qui viennent en psychanalyse pour qu’une parole soit libérée. En cela, le psychanalyste a sa place dans la cité.

L’écriture, la peinture, la photographie ainsi que toutes les possibilités artistiques existantes nous ont montré qu’il est possible d’accéder à la sublimation même dans les pays les plus répressifs en matière de liberté individuelle. Si la femme peut être enfermée sous une burqa, rien, ni personne ne peut enfermer sa capacité de penser.
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